Mushi Fuji et matérialisations

Publié le par Le monde paranormal

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Le Mushi Fuji est un rite pour soigner les enfants par exorcisme des esprits des insectes.
Au Japon, on croit que des esprits d'insectes peuvent entrer dans le corps des enfants et
provoquer des troubles, en particulier une nervosité et de l'agitation.
Des praticiens de la prière peuvent régler le problème par un rituel.
Nous avons relevé deux cas relatés ou le même phénomène se passe: suite à la pratique du Mushi
Fuji, des filaments visibles sortent des doigts de l'enfant traité.
Le traitement peut être effectué par un moine ou une Ogamiya, nom donné à quelqu'un qui
possède un pouvoir par la prière. Ce terme a plûtot court dans le sud du Japon et désigne un
shaman.

Voici le premier récit raconté par Paul Arnold dans son livre " avec les sages du Japon".
(Fayard, 1972)
Dans le train, ma femme me conta un épisode de chamanisme auquel elle avait assisté,
il y a une dizaine d'années, à Tokyo.
Un de ses jeunes neveux, alors agés de trois ou quatre ans, était très nerveux. On fit appel à une
vieille Ogamiya, qui fréquentait mensuellement la maison pour dire des prières particuliairement
lorsqu'il y avait un malade.
On l'invita à procéder à un moushi-fouji" chasser les insectes"; car on se figurait que des
insectes qu'il fallait détruire avaient envahi l'esprit ou les pensées du bambin et provoquaient
ces troubles nerveux.
On ne recourait au moushi fouji que pour les tout petits.
On fit accroupir l'enfant devant la vieille toute courbée par l'âge. Elle écrivit au pinceau sur la
paume droite du petit des caractères peut être sanscrit,(1) les uns sur les autres.
Puis elle murmura une prière courte, en tenant de la main gauche la paume de l'enfant.
Aussitôt après, sa main droite, l'index et le médius tendus, les autres doigts repliés,(2) frappa
l'air dans un mouvement circulaire au dessus de la paume du garçonnet, tandis que la vieille
faisait entendre un grognement.Tout en se mettant à bavarder avec l'assitance, elle toucha du
pouce droit le ventre de l'enfant trois fois à trois reprise.

C'est durant ce temps que ma femme, comme toute l'assistance d'ailleurs, vit nettement sortir des
ongles de l'enfant des filaments blancs, nombreux, parfois ondulants.
Longs d'un ou deux centimètres, ils se dissipèrent aussitôt dans l'air. Le phénomène dura une
bonne minute. Le rite était achevé. Ma femme qui n'est pas crédule, constata que l'enfant était
tout à coup beaucoup plus calme. La nervosité lui avait valu un regard étincelant, fiévreux, avec
des conjonctives irritées.Tout cela avait disparut aussitôt.
Lorsqu'un enfant est particulièrement agité, des filaments blancs s'échappent non seulement du
bout des doigts, mais aussi des narines et des abords de la bouche.

(1) Il ne s'agit pas de sanscrit, mais du mot "mushi" écrit en kanji !

(2) On reconnait le bien connu Kuji Kiri.

Voici maintenant le témoignage plus récent d' Érick Laurent, « Sacrés mushi ! Des rites consacrés
aux insectes »,
Ateliers, 30, Ethnographies japonaises, 2006. (Université des sciences économiques de Gifu,
département d’anthropologie culturelle, Japon)
Le 19 mai 1991, dans la ville de Gôbo (département de Wakayama), j’ai assisté à un exorcisme,
effectué par un moine de quatre-vingt-cinq ans, qui pratiquait depuis plus de cinquante ans.
Le patient était une fillette de dix ans, considérée comme une enfant un peu nerveuse, effrontée,
mais pas réellement « difficile ». L’exorcisme vise à chasser du corps les mushi responsables de
l’affection. D’après Kimura (1934), ces mushi sont en fait le démon Namuharu, mais cela n’a pas
été confirmé par l’officiant. Durant la séance qui dure environ un quart d’heure, le moine utilise
des formules orales et écrites. Il écrit d’abord sur la paume de chacune des mains de l’enfant, au
pinceau, le caractère mushi, puis prend les mains de la fillette entre les siennes, chacune à son
tour, en répétant une formule magique
(63 . On basara yakisha un. Formule dérivant du sanskrit, que le moine ne connaissait pas par
cœur et qu’il a dû lire dans un cahier manuscrit empli de formules magiques (citée ici avec son
accord) - Voir la page de ce blog à "Kongo Yasha"dans la section bouddhisme - )
Rien ne se passe. Il recommence l’opération environ cinq minutes plus tard, et quelques instants
après qu’il a lâché les mains de l’enfant, du bout des doigts de celle-ci, sortent de très fins filaments
blanchâtres qui s’allongent peu à peu jusqu’à atteindre un demi-centimètre ou un centimètre,
avant de paraître se dissoudre dans l’air .

(64.Le phénomène est assez surprenant, notamment par sa brièveté. Durant la scène, j’ai eu le
loisir d’observer à la loupe les doigts de la fillette.)
Ce sont, dit-il, des matérialisations de mushi qui se trouvent à l’intérieur du corps, et qui en sont
expulsés. Le 29 octobre 1990, une émission télévisée de type « magazine » a présenté une séance
d’exorcisme de kan mushi, qui s’est déroulée de façon semblable. Quoi qu’il en soit de l’authenticité
du procédé, il faut souligner que toutes les personnes présentes, journalistes et animateurs,
acceptaient comme un fait acquis l’existence de kan mushi.
Que ceux-ci se matérialisent en filaments blanchâtres — fussent-ils de coton — relève du détail
technique.

(65.Comme le révéla l’analyse chimique effectuée lors de cette émission, qui permit également de
préciser que ces fibres étaient de nature différente des poils du pinceau utilisé ou du tissu des
vêtements.)

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